Sur un même cahier des charges de six salles, l’écart entre deux devis Teams Rooms dépasse fréquemment 30 %. Le matériel n’explique presque rien de cette différence : les références certifiées sont les mêmes chez tout le monde, aux remises près. Ce qui varie, c’est ce que le prestataire prend en charge autour – l’étude acoustique, les comptes de ressource, le paramétrage Microsoft 365, la recette, la formation, la supervision du parc une fois les équipes parties.
D’où la difficulté de comparer. Un projet MTR se situe exactement à la frontière de deux métiers qui ne se parlent pas toujours, l’audiovisuel d’un côté, la DSI de l’autre, et beaucoup de devis ne couvrent qu’une moitié du sujet sans le dire. Voilà les points sur lesquels un intégrateur Teams Rooms se juge vraiment.
Premier point, celui qui coûte le plus cher quand on l’ignore. Teams Rooms ne tourne pas sur n’importe quel équipement. Microsoft teste et valide des modèles précis, et pilote avec les constructeurs la compatibilité des firmwares. Un appareil vendu comme « compatible Teams » n’est pas la même chose qu’un appareil certifié Teams Rooms, et la différence ne se voit pas le jour de l’installation. Elle apparaît trois mois plus tard : un écho qui revient sur certains appels, un calendrier qui décroche, aucune remontée d’information dans le portail d’administration.
Les constructeurs présents sur la liste des matériels certifiés sont à peu près toujours les mêmes : Logitech, Poly/HP, Yealink, Neat, Crestron, Cisco, Lenovo, Jabra, Sennheiser, Shure. Les modèles, eux, bougent souvent. Un intégrateur qui vous propose une référence doit pouvoir la retrouver, devant vous, sur la liste officielle du moment. Et attention, la certification concerne la chaîne complète, pas seulement l’unité de calcul : le DSP, les micros et la console comptent aussi.
Une Teams Room possède son propre compte de ressource Microsoft 365. C’est ce compte que les collaborateurs invitent depuis Outlook, c’est lui qui porte le calendrier de la salle, et c’est à lui qu’on rattache la licence.
Ce fonctionnement a été verrouillé par Microsoft en 2023 : impossible désormais de déclarer un système de salle certifié comme un utilisateur classique sous licence E3, E5 ou Business Standard. Il faut une licence appareil.
Deux options. La Basique couvre l’essentiel – planifier, rejoindre, partager du contenu, un socle de sécurité – pour un système certifié par salle, et elle s’arrête à 25 salles pour l’organisation. La Pro ouvre les fonctions avancées (audio et vidéo intelligents, double écran) et surtout l’administration : gestion des appareils à distance, accès conditionnel, analyse d’usage et de santé du parc. Sur les grilles publiques françaises consultées mi-2026, la Pro tourne autour de 35 € HT par salle et par mois en engagement annuel, mais ce prix bouge selon le canal d’achat, notamment en CSP. À vérifier au moment du chiffrage plutôt qu’à recopier d’un article.
Un point qui passe souvent à la trappe dans les budgets : la licence Pro d’une salle couvre aussi le panneau de réservation posé à l’entrée de cette même salle. De quoi éviter une ligne en double.
Les statuts partenaires, d’abord. Ils ne servent pas à décorer un pied de page : ils déterminent l’accès aux firmwares, aux outils d’administration et à l’escalade support quand un incident sort de l’ordinaire.
L’audit ensuite, ou plutôt son existence. Dimensions de la pièce, nombre de participants réel, acoustique, réseau, plateformes déjà utilisées. Un devis produit sans que personne ne soit venu voir la salle est un devis de matériel, pas un devis de projet. Et l’acoustique reste le paramètre le plus sous-estimé : une salle vitrée avec un plafond dur ruinera n’importe quelle caméra à 8 000 €.
Le BYOD, aussi. Très peu d’entreprises vivent en Teams pur. Vos clients organiseront des réunions Zoom, vos partenaires publics du Webex, votre agence du Google Meet. La possibilité de brancher un portable sur les périphériques de la salle doit être arbitrée dès l’étude, parce qu’elle change le choix du switch et parfois celui de la barre.
Puis l’après. Supervision, mises à jour, incidents, gestion des licences quand le parc grossit. C’est le poste qui distingue vraiment deux devis dont l’un est 20 % moins cher, et c’est celui qu’on lit le plus vite.
Enfin la formation. Une demi-heure par groupe suffit en général. Sans elle, on retrouve la salle du fond avec le câble HDMI.
Sur les budgets, les chiffres qui circulent chez les prestataires donnent une fourchette de 3 000 à 5 000 € de matériel pour une petite salle et de 10 000 à 20 000 € pour une grande, avec environ deux jours de déploiement pour cinq salles. À prendre comme un ordre de grandeur pour préparer un arbitrage interne, pas comme une référence de marché. Même chose pour l’étude TEI de Forrester souvent citée, avec ses 8 791 heures IT économisées sur trois ans : c’est une étude commanditée, elle sert d’argument commercial.
Aucun classement ici, les périmètres sont trop différents pour être comparés ligne à ligne.
Motilde. Intégrateur parisien partenaire Teams certifié et travaille la conception de salles MTR sur toutes les tailles d’espaces, de la petite salle de brainstorming à l’amphithéâtre. L’offre couvre la chaîne complète, licences comprises, avec un chef de projet qui reste l’interlocuteur pendant le contrat de maintenance.
Videlio. Le groupe de Gennevilliers propose des configurations clés en main calibrées par taille de salle, avec une méthode en cinq temps qui va de l’analyse des usages jusqu’au maintien en condition opérationnelle. Les salles hybrides MTR plus BYOD font partie de l’offre standard : Teams en un clic depuis la tablette, les autres plateformes en branchant son PC.
Wipple. Spécialiste des salles de réunion et de la Digital Workplace. L’entreprise met aussi en avant son volet RSE, matériel reconditionné et certification Ecovadis Silver.
Hi Technologies. Argument principal, la montée en charge : du projet unique au déploiement de plusieurs centaines de salles à l’échelle nationale. Un showroom à Genève permet de tester les configurations en vrai avant d’arbitrer.
Axido. Profil mi-IT mi-audiovisuel. Statuts Neat Advanced Partner, Yealink Certified Partner et Microsoft Partner Solutions. L’approche relie la salle au reste du SI : conformité RGPD, contraintes du secteur public, supervision centralisée, standardisation des salles d’un site à l’autre.
Elles trient assez vite.
Dernier conseil, quel que soit le prestataire : le matériel certifié est importé et certaines références, en particulier l’audio de plafond, se commandent plusieurs semaines à l’avance. Commandez avec les travaux, pas après.
